Pédalons vers le futur !

vélo

Bonjour à tous et à toutes.
Vous en avez marre de sortir les poubelles ? Oui, moi aussi. Alors, restez avec moi on va pédaler vers le futur !

Les faits

La voiture est pleine de déchets
Qu’est-ce qui va super vite et qui ressemble à une poubelle ? Vous donnez votre langue au chat ? Une voiture !
1,5 millions. C’est le nombre de voitures mises à la casse chaque année. Or, chaque voiture contient une multitude de matières et de fluides qu’il qui doivent être traités sous peine de polluer sévèrement notre environnement, de désorganiser notre écosystème. Chaque voiture contient notamment des fluides : huile de vidange, batterie, fluide de climatisation, éléments explosifs des airbags…

Ainsi, les véhicules hors d’usage sont considérés en eux-mêmes comme des déchets dangereux.

J’en profite pour vous rappeler ce qu’est une pollution selon la définition donnée par la Directive européenne du 23 octobre 2000 :
« Introduction directe ou indirecte, par suite de l’activité humaine, de substances ou de chaleur dans l’air, l’eau ou le sol, susceptibles de porter atteinte à la santé humaine ou à la qualité des écosystèmes aquatiques ou des écosystèmes terrestres, qui entraînent des détériorations aux biens matériels, une détérioration ou une entrave à l’agrément de l’environnement ou à d’autres utilisations légitimes de ce dernier. » Fin de citation.

Les déchets produits par les véhicules hors d’usage peuvent atteindre 2 millions de tonnes par an. Ces déchets, même s’ils sont en grande partie recyclables, mobilisent de l’énergie et créent des pollutions lors de leur retraitement. Enfin, une partie de ces déchets ne sera pas recyclée et finira sa course dans une décharge : en moyenne, 180 kg par véhicule, sont ainsi compactés et enfouis.

Les déchets, sont aussi produits lors de l’utilisation du véhicule : pneus, batteries, huiles, carcasses… Il y a aussi les déchets qu’on ne voit pas mais dont on entend beaucoup parler : les particules fines. Les particules fines sont, comme leur nom l’indique des particules si petites qu’elles flottent dans l’air que nous respirons et qui s’insinuent très loin dans nos poumons. Ces particules fines peuvent provenir de l’érosion des milieux naturels ou des éruptions volcaniques. Mais elle proviennent aussi des activités humaines, et notamment de la combustion du diesel. Or ces particules fines, produites par l’homme, causent de graves maladies.

La voiture est gourmande en ressources naturelles
Au delà de sa production de déchets, la voiture est également gourmande en ressources naturelles, notamment lors de sa construction. En moyenne, une voiture est composée de 22% de matières synthétiques issues du pétrole notamment (plastique, caoutchouc synthétique) et de 70% de métaux (acier, aluminium, fonte, cuivre, plomb).

En 2013, le Commissariat Général eu Développement Durable a publié un document qui s’intitule : La face cachée des matières mobilisées par l’économie française. On y lit que la masse de matières premières utilisées pour fabriquer un véhicule peut atteindre 10 fois la masse du véhicule lui-même.
Autrement dit, pour une voiture de 1300kg on a besoin de 5 tonnes de minerais, de 3 tonnes de combustibles fossiles et de plusieurs centaines de kilos de biomasse (du caoutchouc naturel ou du bois par exemple).

Un constat

Le constat, c’est qu’avant même de mettre le contact et d’enclencher la première, les dégradations de notre milieu de vie occasionnées par la voiture sont déjà nombreuses.
Alors, oui, on peut rêver : la DeLorean qui carbure aux déchets ménagers c’est une idée séduisante. Mais le film ne précise pas si les rejets de la voiture à voyager dans le temps sont polluants, et si elle finira dans une décharge ou pas.

Comme pour beaucoup de sujets relatifs aux déchets, la question de la voiture est à envisager dans sa globalité. Tout le cycle de vie de ces engins doit être pris en compte. On aura beau avoir une conduite souple, bien régler son détecteur antipollution, notre voiture est une poubelle, qu’on se le dise.

Aussi, vouloir réduire ses déchets et utiliser sa voiture en même temps me semble relever de l’absurde. Pisser dans un violon ou remplir le tonneau des Danaïdes, voyez la chose comme vous voudrez; mais utiliser une voiture avec l’intention d’en réduire l’empreinte écologique relève à mon sens d’une profonde incohérence.

Mon expérience de changement

Le soucis, c’est que la voiture est une drogue et que les freins au changement sont nombreux !
Voilà plus de trois ans que j’envisage de me séparer de ma voiture, mais il a fallu qu’elle tombe en panne pour que je me donne vraiment les moyens de m’en séparer.

Abandonner la voiture c’est remettre en cause tellement de choses ! Je ne vais pas entrer dans les détails, mais se défaire de la voiture ce n’est pas seulement réduire concrètement ses déchets et les rejets polluants.
C’est aussi :
– Remettre en cause l’un des piliers de notre civilisation : le fait que notre économie et notre industrie fonctionnent grâce aux énergies fossiles. C’est ce que l’on appelle la civilisation thermo-industrielle.
– Abandonner la voiture c’est remettre en cause l’idée de la mobilité. Attention, je ne dis pas “remettre en cause” le voyage ou la découverte, mais cette conception de la mobilité qui veut que nous soyons mobiles pour occuper les postes de travail. Cette mobilité qui nous fait parcourir de nombreux kilomètres pour aller travailler, cette mobilité qui pousse les jeunes à s’éloigner de leur noyau familial pour aller travailler à l’autre bout de la France.
– Abandonner la voiture c’est aussi remettre en cause l’immédiateté : ne plus pouvoir partir loin, sur un coup de tête
– Abandonner la voiture c’est aussi remettre cause la vitesse : celle de nos déplacements et celle de notre rythme de vie.

Abandonner la voiture, ça change beaucoup de choses. Et cela suppose de réinventer ses déplacements, de remodeler son périmètre de vie, sans pour autant sacrifier la richesse de nos échanges et de nos activités.

Malgré tous ces changements qui m’attendent, c’est décidé, je vais vendre ma voiture.

La solution : être entourée des bonnes personnes

La solution qui m’a le plus aidée, c’est d’être entouré des bonnes personnes. Qui sont les bonnes personnes ?
Des gens qui n’ont pas de voiture et qui pourtant sont mobiles. A leur contact, je peux observer comment organiser une vie épanouissante, engagée et active, sans le soutien d’une voiture.
Et puis il y a aussi, les personnes qui connaissent mieux que moi les modes de transports alternatifs. Les mordus de vélo sont mes muses ! Avec eux et elles, j’apprends à entretenir et même à assembler mon vélo, à l’adapter à mes besoins, en quelques mots, à être autonome !

En plus des amis sans voiture que j’ai la chance de côtoyer, il y a aussi l’association A pinces et à vélo, présente à Romans. A Valence vous avez l’association REVV (Rouler en Ville à Vélo).
A Pinces et à vélo, l’association de Romans , promeut l’usage du vélo, de différentes manières : en rendant le réseau cyclable cohérent et correctement aménagé, en faisant des propositions sur le stationnement des vélos sur le domaine public et privé, en réfléchissant à la complémentarité avec d’autres modes de déplacements (le train notamment) et enfin, en offrant aux cyclistes, la possibilité d’entretenir leur vélo.

L’association dispose donc d’un atelier, réservé aux adhérents, dans lequel on peut avoir accès aux outils, à des pièces d’occasion mais également à l’expertise de certains adhérents dévoués qui connaissent tout ou presque de cette formidable machine qu’est le vélo.

Une recommandation

En écrivant cette émission, j’ai découvert aussi un blog inspirant : http://carfree.fr/
Je trouve ce site intéressant car il ne fait pas que militer pour l’usage du vélo, il dénonce également les errances dans lesquelles nous plonge l’usage de la voiture. CarFree parle carrément de lutte contre l’oppression automobile. Les objectifs des nombreux auteurs du blog Carfree sont les suivants :

– Fédérer tous les sites français critiques vis-à-vis de l’automobile et ses nuisances et qui cherchent à proposer des alternatives crédibles.

– Partager des expériences prouvant que la ville sans voitures est possible et souhaitable.

– Recenser et proposer des utopies urbaines sans voitures afin de les promouvoir et les appliquer

Alors ce blog semble très centré autour de l’urbanisme, c’est je pense ce qui lui fait un peu défaut. Il ne s’attarde pas tellement sur l’usage du vélo à la campagne. C’est pourtant un aspect non négligeable.

Certes, abandonner la voiture n’est pas toujours faisable facilement. Je ne vous conseille pas de lâcher votre voiture du jour au lendemain mais surtout de réfléchir à votre utilisation de cet engin. Il y a des contraintes, lorsqu’on a des enfants par exemple, ou un travail itinérant. Mais il y a d’autres freins qui peuvent être levés plutôt facilement. Par exemple, à l’heure où je vous parle, il est prévu que je parte de la ville pour habiter à la campagne. Et la plupart de mes amis vivent à la campagne eux aussi. Et ma campagne c’est la Drôme des Collines. N’en déplaise à Jacques Brel, on ne peut donc pas vraiment parler de plat pays.

Alors évidemment, pédaler d’une colline à l’autre pour rendre visite à mes amis, parfois, c’est dur. Mais avec l’entraînement, ça l’est de moins en moins. Et surtout, avec un peu plus de temps devant soi, c’est complètement possible. C’est sur cette idée que je terminerais. Je suis convaincue que le temps est le meilleur outil pour agir concrètement à la réduction des déchets. On aura beau essayer d’optimiser notre temps pour cuisiner plus vite, pour travailler plus vite, pour se déplacer plus vite. Sauf que si on veut le faire sans déchet, il me semble absolument nécessaire d’y consacrer du temps, de se soustraire à cette dictature de la vitesse.

J’ose même une pointe de provocation. Et si, comme le propose, Carl Honoré, nous faisions l’éloge de la lenteur ?

Je vous rappelle la bonne résolution du jour : faites une pause, réfléchissez à votre usage de la voiture et à ses implications. A ses implications dans votre production de déchets mais aussi dans votre rapport au temps, à la vitesse, à l’immédiateté.

Edit du 03/06/18 : foncez sur le site de Radio Mega pour écouter Madame Biclou nous parler amoureusement…des biclous ! C’est par ICI.

Sources :

https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/automobile-recyclage-voiture-1190/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pollution
http://www.toupie.org/Dictionnaire/Pollution.htm

https://www.paprec.com/fr/comprendre-recyclage-paprec/valorisation-matiere/recyclage-automobile
https://www.planetoscope.com/automobile/87-recyclage-de-voitures-hors-d-usage-en-france-vhu-.html
https://www.planeteautomobile.com/filiere-automobile/eco-conception-recyclage/materiaux-automobile/
http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publications/p/2011/1161/face-cachee-matieres-mobilisees-leconomie-francaise.html
https://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2013/12/12/tout-comprendre-a-la-pollution-de-l-air-aux-particules-fines_3529330_3244.html
https://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2014/03/17/quelle-est-la-responsabilite-de-la-voiture-dans-la-pollution-de-l-air_4384198_3244.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Retour_vers_le_futur
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dana%C3%AFdes
https://www.letemps.ch/sciences/limpossible-ecobilan-dune-automobile
https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/chimie-polymere-803/
https://en.wikipedia.org/wiki/Carl_Honor%C3%A9

Les alternatives :

http://carfree.fr/
http://romans.fubicy.org/index.php?static2/objectifs
http://www.revv-valence.org/